What you will be able to do
- Découper toute syllabe en pinyin en initiale et finale, et lire correctement les voyelles après z c s zh ch sh r.
- Placer la langue correctement pour les deux séries difficiles, zh ch sh r et j q x, et les tenir distinctes.
- Nommer l’interférence propre à votre langue maternelle et travailler contre elle plutôt que contre une liste générique.
- Produire ü et le c aspiré, et entendre la différence entre an et ang, en et eng.
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Initiales, finales, et les sons qui vous feront trébucher
Une syllabe du mandarin se compose d’une initiale (la consonne de tête), d’une finale (tout ce qui suit) et d’un ton posé sur l’ensemble. On compte vingt et une initiales et une trentaine de finales, et chaque syllabe de la langue est l’une des quelques centaines de combinaisons autorisées. Certaines syllabes n’ont pas d’initiale du tout : ài, wǒ, yī — où les lettres y et w servent l’orthographe et ne sont pas des consonnes.
Un piège orthographique avant tout le reste : après z, c, s, zh, ch, sh et r, la lettre i n’est pas la voyelle de si. C’est un bourdonnement tenu dans la position même de la consonne. shì, sì, chī, shí l’emploient tous. Ailleurs, i est le i ordinaire : nǐ, qī.
Les quatre groupes qui posent problème
zh ch sh r — retroussez la pointe de la langue vers l’arrière du palais, laissez un passage étroit et poussez l’air. zh est sans souffle, ch est la même position avec un souffle net, sh est le sifflement correspondant, et r est sh avec la voix. Zhōngguó, chī, lǎoshī, rènshi.
j q x — le geste inverse. La pointe de la langue s’appuie derrière les dents du bas pendant que le dos de la langue monte vers le palais dur. j est sans souffle, q est la même position avec un souffle fort, x est le sifflement. jiào, qǐng, xièxie. Ces trois initiales n’apparaissent que devant i ou ü.
ü — la voyelle de tu, que vous possédez déjà. nǚ, xué, qù. Après j, q, x et y, elle s’écrit sans tréma (ju, qu, xu, yu) mais reste ü ; après n et l le tréma est conservé et il porte du sens : nǚ n’est pas nú.
c face à s — c est ts avec un souffle marqué, z le même ts sans souffle, s un s simple. sì, cài, zì.
Ce que chaque groupe linguistique doit désapprendre
Les francophones. Trois habitudes à casser. D’abord, vos p, t, k sont non aspirés et vos b, d, g réellement sonores, alors que le mandarin oppose souffle et absence de souffle : pà prononcé sans souffle s’entend tout simplement bà. Ensuite, le français transforme voyelle + n en voyelle nasale, mais le mandarin garde la consonne : hěn doit finir sur un vrai n aux alvéoles et qǐng sur un vrai ng au fond de la bouche, car an/ang et en/eng distinguent des mots. Enfin, le français n’a pas de [x] : le h de hǎo et de Hànyǔ a tendance à s’évaporer ; raclez-le comme le ch allemand de Bach. La bonne nouvelle est réelle : votre u de tu est exactement le ü mandarin, donc nǚ et xué sont acquis, et vos ch et j tombent tout près de x et q dès que vous avancez la langue et cessez d’arrondir les lèvres.
Les anglophones. Ils entendent zh et j comme un seul son, ch et q comme un seul, sh et x comme un seul, et n’en produisent qu’un pour chaque paire ; le remède est mécanique, pointe de la langue en arrière pour zh ch sh, pointe en bas derrière les dents pour j q x. Leur r se fait lèvres arrondies et presque sans friction, si bien que le r mandarin sort trop mou. L’anglais ne commence jamais un mot par ts, donc cài devient sài. Et l’anglais ignore le ü : il faut dire ee, figer la langue, puis arrondir les lèvres — un geste que le francophone n’a pas à apprendre.
Les arabophones. Le خ arabe est déjà le h de hǎo : c’est un problème qu’ils n’ont pas. Trois points de vigilance. La plupart des variétés d’arabe n’ont pas de /p/, si bien que pà glisse vers bà ; en mandarin la différence est le souffle, non la sonorité. Le ر arabe est battu ou roulé, alors que le r mandarin reste immobile, langue retroussée, sans aucun battement. Et le ش arabe n’est un bon point de départ pour x que si les lèvres restent non arrondies et que la langue avance, faute de quoi on obtient sh. Ajoutons que l’arabe n’a pas de [ts], donc c et z se construisent de zéro, ni de voyelle antérieure arrondie, donc ü se construit comme pour un anglophone. Enfin, une syllabe mandarine ne se termine que par une voyelle, n, ng ou r : il faut résister à l’ajout d’une voyelle d’appui ou d’un coup de glotte.
How to work through it
Comment se monte une syllaberead
Lisez les deux premières sections, puis découpez en initiale et finale dix syllabes que vous connaissez déjà : nǐ, hǎo, xiè, qǐng, shì, wǒ, jiào, zhōng, lǎo, xué. Deux d’entre elles n’ont pas d’initiale.
Paires minimalesaudio
Six paires, jouées deux fois chacune : zhī / jī, chī / qī, shī / xī, sì / cì, nǔ / nǚ, hěn / héng. Décidez ce que vous entendez avant de regarder. La paire que vous ratez est celle où votre langue maternelle interfère.
Des mots qui portent les sons difficilesvocabulary
Six mots choisis pour leurs consonnes et non pour leur sens : zh dans 中国, sh dans 老师, x et ü dans 学生, q et ng dans 请, x deux fois dans 谢谢, r et sh dans 认识. Dites chacun cinq fois avant d’en apprendre le sens.
Exercice au miroirspeaking
Dites zhī puis jī devant un miroir. La mâchoire et les lèvres ne doivent pas bouger, seule la langue se déplace d’arrière en avant. Si vos lèvres s’arrondissent sur zhī, c’est un r français ou anglais qui s’invite : aplatissez-les.
Entendre la syllabe légère finalequiz
Les questions fermées se terminent par 吗 ma au ton neutre, précisément le type de syllabe brève et inaccentuée qu’un débutant escamote. Écoutez chaque phrase et décidez si c’est une affirmation ou une question avant de la lire.